Pascale Robert-Diard

  • La déposition

    Pascale Robert-Diard

    « Quand Guillaume Agnelet a quitté la barre, j'ai baissé la tête, je tremblais. Sur mon carnet j'ai griffonné mise à mort d'un homme. Deux jours après la déposition du fils, la cour d'assises a déclaré son père, Maurice Agnelet, 76 ans, coupable de l'assassinat de sa maîtresse et l'a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. L'affaire avait trouvé son épilogue judiciaire. Mais une autre histoire était venue la culbuter, tout aussi dense et douloureuse. Elle se passait juste à côté, elle avait duré presque aussi longtemps et on n'en avait rien su, rien deviné. J'avais la scène sans les coulisses. La lumière, sans les ombres. J'ai voulu comprendre. »

  • « "Celui-là, je vais le tuer."
    L'accusé est un homme - plus rarement une femme - qui, un beau jour, s'est dit que la seule chose à faire pour rendre sa vie
    meilleure était d'en supprimer une autre. Peu à peu, l'idée du crime s'est imposée, un
    scénario s'est élaboré, la main s'est armée. »

    Ici, tout est vrai. Les mots d'une fillette face à l'homme qui a tué sa mère, les confessions d'un fou, le vertige d'un aveu. On voit Guy Georges, Yvan Colonna, les
    innocents d'Outreau, des juges, des avocats, des jurés. La gouaille des
    voyous se mêle à la verve des grands
    du barreau. On pleure et on rit, on éprouve de la colère ou de la tendresse, on est devant le nu de la vie. Car aux assises, la justice décape, même ceux qui n'ont rien à cacher.

  • Pendant trois semaines, devant le tribunal correctionnel de Lille, assis côte à côte sur le banc des prévenus, ils ont été accusés, confrontés et se sont défendus : Dominique Strauss- Kahn, l'homme qui fut « le plus puissant du monde », Dodo la Saumure et sa gouaille, et une dizaine d'autres - chefs d'entreprise, avocat, directeur d'hôtel - que l'affaire du Carlton a brutalement exposés au regard public.

    Les débats furent âpres, tendus, parfois obscènes, drôles aussi. Ils revivent sous la plume de la chroniqueuse judiciaire du Monde, Pascale Robert-Diard et le trait percutant des croquis de François Boucq.

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